Europe

Eremito

Si nous n’avions pas connu Marcello Murzilli, le fondateur des lieux, dans une autre vie touristique, alors qu’il créait au Mexique, Hotelito Desconocido, un boutique hôtel avant-garde, totalement éco-responsable, nous aurions peut-être avancé vers Eremito sur la pointe des pieds… En effet le concept pro-monastique aurait eu tendance à nous effrayer. Et pourtant !

Cette jolie retraite, toute en pierres originelles, rebâtie sur les ruines d’une ancienne abbaye au cœur de l’Ombrie, donne une tonalité moderne à la quête de spiritualité. Accessible via Rome ou Florence, le chemin se prolonge jusqu’à la gare de Fabro Ficulle, plus déserte qu’une étape du Far West. Marcello dans sa bonhommie attachante, attend patiemment sur le quai, puis nous conduit en 4X4 via les routes de traverse de l’improbable colline boisée qui mène à Eremito et que lui seul, maîtrise. A l’arrivée, on prend une grande inspiration et on comprend sur le champ qu’à l’ère du XXIème siècle, il existe des sites naturels stratégiques où l’on peut encore faire le vide ou le plein, suivant le cas.

Ici on sort complètement du royaume millénial, de l’innovation et des techniques high tech !!! Un contrepoint alternatif et presque onirique, perdu au milieu de 3000 hectares de réserve naturelle protégée, où les chambres, dites « Celluzze » ou cellules, toutes individuelles, rappellent l’humilité des anciens quartiers de moines. Esthétique sobre et matériaux nobles font la part belle au vert de l’environnement ambiant.

Ce premier sanctuaire « Digital détox » pour voyageur « solo », est donc l’œuvre de Marcello Murzilli, créateur de mode très en vogue dans les années 80 puis navigateur audacieux, qui de nombreuses fois dans sa vie, a choisi de rompre avec la performance pour s’octroyer le droit à « débrancher » et à remettre les curseurs énergétiques en position repos ! Pas de télévision, pas de mini bar, pas de téléphone et pas de réseau WIFI non plus. De jour, l’énergie solaire assure un minimum de lumière et d’eau chaude. La nuit, on lit à la lueur des chandelles.

Pour les repas, servis à heures fixes et pris en communauté face à la cheminée l’hiver et sous les arbres de la propriété l’été, priorité aux recettes rustico-végétariennes qui ont fait la santé des moines. Des recettes ancestrales de très haute qualité, réalisées à partir de légumes du potager et d’ingrédients bio provenant des fermes locales. Un retour aux sources qui invite au silence pendant les repas et à une prise de parole parcimonieuse en dehors.

Entre deux sons de cloche et quelques chants grégoriens, une atmosphère mutique mais jamais anxiogène se distille, un rythme quasi monacal mais sans orientation religieuse, s’impose. Séances de yoga, hammam, jacuzzi creusée dans la roche, lectures, marches le long de la rivière Chiani, balades à cheval, cueillette dans le potager, peinture… Chaque activité confère à la relaxation et à la méditation et tend à solliciter l’intellect au minimum. Une sorte de détox médiévale où toutes les conditions, naturelles et humaines, sont créées pour une transformation profonde et un dialogue avec soi.