Amérique Centrale

Yucatan / Récit de voyage

Direction Campeche, première étape du voyage. L’arrivée à l’Hacienda Uayamon est féerique. Dans le crépuscule envahi de cris d’oiseaux, les bâtiments colorés sont illuminés par des torches. La jungle a presque englouti Uayamon, ancienne manufacture des années 1800.

Sous le Ceiba géant, l’arbre sacré des Mayas qui pensaient que ses larges branches supportaient le paradis, la table est dressée, et pour l’heure, elles abritent un premier dîner sous les étoiles.

agence-de-voyage-de-luxe-Yucatan 4Le jour se lève dans un concert de pépiements. Départ pour la découverte du premier site archéologique Edzna, sa célèbre pyramide à cinq niveaux, ses édifices de pierre calcaire et ses masques de stuc. Puis, visite de Campeche, fondée par Francisco de Montejo en 1540. Pirates, flibustiers et conquistadores ont laissé leur empreinte par delà les ruelles de la ville où se serrent les façades ouvragées des maisons aux couleurs rose bonbon, vert amande ou bleu layette.

La bouffée de nature aquatique sera pour le lendemain, via la Réserve de Célestun où les flamants roses ont élu domicile. La mangrove, où l’on vogue silencieusement, dévoile ses recoins ombragés et mystérieux. Le soir, nuit à l’Hacienda Santa Rosa, au cœur du village, où les femmes de la communauté, vêtues de robes immaculées aux décolletés brodés, initient leurs hôtes à l’artisanat.

Le lendemain débutent les mises en scène privées initiées par notre partenaire mexicain. Ainsi, seuls au monde, on déjeune sous les ruines ciselées d’une chapelle où s’invite une végétation prolixe. Sous la houlette d’une mama au visage buriné, les galettes de maïs typiques cuisent lentement au feu de bois et la tequila coule à flots, laissant les esprits vagabonder vers les cieux.

Après la visite de Mérida, sa Plaza Grande envahie par la foule locale, ses maisons du 18ème siècle, sa cathédrale romantique et ses échoppes, découverte de l’Hacienda Témozon Sur. Les bâtisses rouge sang du 16ème siècle pourraient presque conter le faste de « l’or vert » et de la fibre de sisal tressée. Les suites sont disséminées dans l’ancienne école, la pharmacie ou la « casa del patron ». Sous les hauts murs de pierre se cachent les carrelages d’antan, les tommettes, les lits en fer forgé, les portes en bois sculpté. Même si la fibre synthétique a anéanti le sisal, l’âme des lieux demeure.

A l’aube, on s’aventure dans la campagne broussailleuse et solitaire jusqu’au cénote de Témozon, ce gouffre caractéristique de la péninsule du Yucatan, puits naturel et site de rituels mayas. De petite taille, il s’enfonce profondément sur plusieurs mètres dans les entrailles sous-terraines. On emprunte l’échelle de métal et c’est alors un ballet étourdissant d’une centaine d’oiseaux qui jaillissent, improvisant au-dessus un manège fou et grisant avant de s’évader en piaillant de joie vers le ciel… La journée se poursuit sur le thème « cénote » ! En effet, celui de Xocempich accueille ses hôtes sur rendez-vous.

Des marches en pierre s’enfoncent dans le cœur du précipice à travers lianes et fougères géantes, menant à une piscine naturelle au bleu marine envoûtant. On plonge avec délice dans la fraîcheur limpide et abyssale, remerciant le dieu de la pluie pour sa clémence divine.

Après le déjeuner champêtre, route jusqu’au cénote Ochil où l’artiste James Turrell à créé une œuvre d’art végétale, utilisant sons et lumières pour animer l’amphithéâtre et son arbre d’éclairages fantasmagoriques. Grâce à l’Arbol de Luz, on flirte ce soir avec le cosmos Maya… Victor Hugo fait son apparition le lendemain. Non, ce n’est pas une plaisanterie. Il est guide professionnel, maîtrise cinq langues à la perfection et annonce son nom dans un français parfait, non sans une pointe de fierté littéraire. Sa bouille ronde et souriante illuminera la journée à Izamal, la ville bouton d’or que l’on arpente dans une calèche désuète, décorée de fanfreluches fantaisistes. Certes, celle-ci fait terriblement « cliché » mais elle permet d’apercevoir Izamal en un clin d’oeil.

Les ateliers d’artisanat, les vestiges, le couvent Saint-Antoine de Padoue défilent. Au détour d’une rue, une villa coloniale composée de trois chambres ouvertes sur un patio, sera la prochaine halte. Les lieux peuvent être privatisés pour un séjour en famille ou entre amis. La dernière soirée s’achève sur la visite de la ville préhispanique de Chichen Itza en dehors des horaires d’ouverture. Le célèbre monstre est déserté, retraçant mille ans d’histoire où Mayas et Toltèques ont laissé l’empreinte de leur univers gravé sur la pierre. Le soleil se couche à l’horizon et le crépuscule argenté caresse les vestiges. Silencieux, on s’installe face à la tour El Caracol.

Le son mélancolique d’une flûte envahit soudain l’espace. Une silhouette furtive s’avance, jouant de toute son âme sa mélodie délicate, comme si c’était là, sa toute dernière représentation.