Amérique du Nord

Le Canada des extrêmes

Ce périple d’est en ouest garantit une immersion dans les immensités sauvages canadiennes, de la Colombie Britannique à Terre-Neuve. Un cocktail d’aventures sportives, de rencontres avec une faune étonnante, et d’adresses d’exception.

Vancouver, verte et cosmopolite

C’est la nature qui règne déjà ici, une nature taillée pour les grands espaces. Où que l’on marche, la mer se trouve d’un côté, les montagnes de l’autre et la forêt partout ! Débarquant de l’avion, rien de plus reposant qu’une balade à Stanley Park. En quelques minutes, les bruits de la ville disparaissent dans les mousses et les pins à l’infini qui composent cette forêt urbaine de 400 hectares. Une rangée de totems sculptés s’impose au détour d’un sentier, rappelant les peuples premiers qui vivaient autrefois dans la région. Pour continuer à explorer cette cité green, on enfourche un vélo comme les locaux, et c’est un bonheur de suivre les pistes lumineuses qui longent l’Océan Pacifique.

On reprend son souffle dans le port de Vancouver pour admirer la baie Burrard. Sur l’autre rive, les pentes enneigées des montagnes brillent au soleil couchant, rappelant que cet endroit spectaculaire a inspiré Malcolm Lowry dans l’écriture de son roman Au dessous du volcan. Il reste tant à voir à Vancouver – et surtout Chinatown en matinée, quand les marchés battent leur plein et les restaurants de dim sum se remplissent, dans une ambiance qui rappelle Hong Kong. En attendant, rendez-vous pour la nuit au Fairmont Pacific Rim, l’adresse idéalement située en plein centre, avec vue sur le port.

Vers la forêt pluviale de Great Bear

On embarque dans un Castor, le fameux petit hydravion canadien. L’engin s’éloigne en vrombissant de la ville vers le nord et ses territoires indomptés. Très vite, surgit un labyrinthe étincelant de forêts sombres trouées de lacs et de rivières. Quelques rares cabanes en rondins solitaires apparaissent, puis aucune trace humaine n’est visible à l’horizon, aucune route ne mène jusqu’à Nimmo Bay Wilderness Resort. Un vrai bout du monde ! Les six chalets de bois sur pilotis alignés le long de la baie abritent cet hôtel légendaire, bien connu des amateurs de pêche, d’observation des grizzlis et d’art de vivre façon trappeur. Les propriétaires, charmants dans leur chemise à carreaux typiquement country style, vous escortent à votre cabanon aux bardeaux blancs. Sur la terrasse, un rocking chair appelle à la paresse. Le déjeuner est bientôt servi, sur le ponton ensoleillé face à la baie.

La cuisine, nourrie de pêche locale et de cueillette surprend par son raffinement. La première exploration commence dans l’après-midi – le bateau suit le rivage jusqu’aux berges où se reposent une colonie de lions de mer. Plus loin, le moteur s’éteint devant une famille d’ours noirs qu’on contemple avec émotion. Le lendemain, c’est en hélicoptère que l’on rejoint un glacier vieux de 10 000 ans, au pied duquel l’engin se pose pour laisser les randonneurs grimper à l’assaut des cimes. Après l’effort, le réconfort vient quand chacun regagne le lodge au crépuscule, et que les braséros des terrasses se reflètent dans les eaux tranquilles. Un air de guitare emplit l’atmosphère pendant que le ciel se couvre d’étoiles : un moment magique.

Les îles de la Découverte et le Sonora resort

Il faut moins d’une demi-heure pour rejoindre l’île de Sonora. L’hydravion se pose dans l’écume, au milieu de nulle part, devant un petit hameau. Il s’agit du prochain refuge, plus classique, plus grand et estampillé Relais & Châteaux. Ici, toutes les chambres rivalisent quant à la vue, mais mieux vaut choisir celles situées sur la colline pour profiter du panorama à 180 °C sur le chapelet d’îles entremêlées de fjords et de lagons… Une vision d’estampe. De multiples sentiers rayonnent dans les bois de la propriété, qu’on arpente, en pionnier de luxe avant d’embarquer pour une partie de pêche au saumon.

Du bateau, les remous à l’embouchure d’une rivière annoncent un bon spot, mais deux grizzlis déjà sur place obligent à rentrer les cannes à pêche. S’ensuit une demi-heure de frisson en observant les grands mammifères attraper leur ration de poisson. Le retour s’effectue dans l’ombre d’un aigle en vol, jusqu’aux fenêtres du lodge qui s’éclairent au soleil couchant. Des kayaks glissent et se rapprochent, rentrant de leur longue balade silencieuse dans les eaux vertes où ils ont escorté quelques baleines. La journée s’apaise enfin au spa, où un soin revitalisant à base d’eau pure du lagon procure la détente idéale pour préparer le corps et l’esprit avant le dîner.

Whistler et les montagnes

Ce matin, l’hydravion prend la direction des montagnes. En quelques minutes, la suprématie des sommets couverts de forêts entoure l’habitacle. Whistler est blotti en contrebas, entre deux lacs qui scintillent comme des bijoux. Le temps d’apprendre que la station olympique tient son nom d’une marmotte sifflante, une « whistler », et la carlingue pique vers le Green Lake. Dédiée au ski l’hiver, Whistler est un paradis pour randonneurs l’été. L’une des plus belles balades mène au lac de Cheakamus. Le sentier très agréable sinue dans un entrelacs de sapins immenses. Il n’est pas rare de faire la rencontre des quelques écureuils qui ont élu domicile ici. L’escapade se conclut le long du torrent qui prend sa source dans le lac, une étendue bleu électrique avec les montagnes enneigées en arrière-plan. Un véritable cliché de carte postale !

Le soir tombe déjà quand on retrouve l’hôtel Four Seasons Resort & Residences. Les bagages attendent dans la chambre spacieuse, un feu vient d’être allumé dans la cheminée… Le cocon bien douillet pour la nuit. Le lendemain s’annonce grandiose. Après une vingtaine de minutes de vol, l’hélicoptère atteint l’Ice Cap, ce glacier de deux millions de tonnes, creusé de galeries naturelles. Circuler à l’intérieur, en admirant les parois translucides dans leurs dégradés de bleus, marque à jamais un séjour à Whistler.

Vers Montreal

C’est sur la fameuse « sea to sky » highway qu’on prend la route pour Vancouver et son aéroport. Le trajet croise des panoramas à couper le souffle, entre sommets enneigés, forêts et torrents sauvages. Rejoindre Montréal est ensuite un vrai voyage de 4500 km à travers le vaste continent nord-américain. La première ville du Québec offre une escale de douceur et de joie de vivre : à Downtown, le quartier des spectacles s’anime déjà en prévision des concerts qui se dérouleront en fin d’après-midi. Véritable centre culturel, on y déambule en se laissant conquérir par l’ambiance chaleureuse, avant de grimper en haut du Mont-Royal pour admirer la vue iconique sur la ville.

A proximité, ne pas manquer la visite du magnifique musée des Beaux-Arts, qui possède de très belles collections impressionnistes et d’art flamand, avant de se diriger, toujours à pied, à l’hôtel Ritz Carlton tout proche. Dans les jardins japonisants, la terrasse et son bar transportent dans un havre de paix bienfaisant.

Joe Batt’s Arms – Fogo Island

De Montréal, le grand périple pour Terre-Neuve commence. Après un premier avion pour Halifax, suivi d’un second vol pour Gander, on embarque à bord du ferry pour l’île de Fogo. Sur les flots, un petit iceberg flotte à l’horizon. Plus loin, deux baleines à bosse se profilent, juste avant l’escale à Change Island. Quelques habitants qui font la navette depuis l’île de Terre-Neuve débarquent. On aperçoit les fameux poneys du Labrador qui paissent dans un paysage idyllique de prairies vertes parsemées de petites maisons en bois multicolores. Puis le ferry repart en haute mer, pour une dernière demi-heure de traversée agitée, qui rapproche d’un immense caillou de granit, grandiose et déroutant : l’île de Fogo.

Le vent se calme en arrivant dans la baie de Joe Batt’s Arm. Le minuscule village de pêcheurs traditionnel, les casiers à homards qui sèchent sur le rivage, contrastent avec le bâtiment futuriste du Fogo Island Inn, magnifique hôtel design posé sur la colline comme un vaisseau spatial. On a hâte de découvrir ce lieu d’avant-garde, où des artistes contemporains viennent puiser leur inspiration, et les esthètes du monde entier contribuer à préserver le mode de vie ancestral des pêcheurs. Une immersion radicale et passionnante.